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Dans le dernier Bulletin municipal "Gignac Infos n°50", on peut lire page 6, parmi les projets municipaux engagés pour 2026, "L’autre dossier en cours est le drainage du cimetière". Voilà un gros problème qui sera, on l’espère, résolu en mettant fin à des problèmes récurrents propres au cimetière de Gignac : tombeaux qui se remplissent d’eau, fragilisation des murs, allées souvent gorgées d’eau. Comment en est-on arrivé là ? La réponse figure dans les archives municipales.
Aliénation d'un terrain
Le 12 mai 1872, une partie d’un champ presbytéral (à l’arrière de l’église) est aliéné
- pour faire l’acquisition d’un cimetière "en remplacement de celui qui existe et qui ne peut plus suffire à l’inhumation des morts de la paroisse, ce qui a failli occasionner de graves inconvénients l’été dernier au moment où l’épidémie varioleuse sévissait sur la commune,
- attendu que la commune est sans ressources pour faire face à l’acquisition d’un nouveau cimetière, surtout en ce moment où elle est à même de se pourvoir d’une maison commune et salle d’école, et que les formalités nécessaires pour cet objet sont déjà commencées,
- attendu que la paroisse de Saint-Bonnet ne peut plus différer le changement du sien,
- considérant que le champ presbytéral de Gignac dont la contenance est de 42 ares peut subir un démembrement de 20 ares, et laisser encore au prêtre qui dessert la paroisse une étendue de terrain suffisante pour subvenir à ses besoins particuliers, qu’au surplus ce champ n’est point joui, mais affermé,
- décide qu’il y a lieu d’aliéner 20 ares du champ presbytéral et d’employer le prix de cette vente à l’acquisition d’un nouveau cimetière."
Acquisition à Gignac d'un terrain qui retient les eaux
En 1874, on a recours à une imposition extraordinaire de 4000 francs pour acquisition et clôture des deux nouveaux cimetières.
Le 10 novembre 1876, les cimetières de Gignac et Saint-Bonnet sont toujours situés au centre des bourgs. Ils sont jugés insalubres et insuffisants par le maire. "Le nouveau cimetière de Gignac pourrait être établi sur une terre appartenant à François Nayrac, appelée "Guoillou" récemment convertie en luzernière (n° 901 et 903 du PC) ».
L’enquête d’utilité publique a lieu en 1876. A Gignac, seize personnes protestent parce qu’elles trouvent "le terrain trop humide, il retient les eaux". Le projet est maintenu. Et pourtant ce terrain portait bien son nom : "Guoillou" (occitan : gaulha, prononcer : gàoulyo, qui signifie "endroit où l’eau séjourne, bourbier". Le verbe "gaulhar" signifie "patauger".) A l’arrière du cimetière il y a en effet un "lac" naturel, alimenté par une source. En hiver, et lors de fortes pluies, le "lac" déborde… le sous-sol argileux ne permet pas à l’eau de s’infiltrer naturellement.
Translation des cimetières
La translation des cimetières de Gignac et Saint-Bonnet sera effective en 1880-1881.
Le délai de 10 ans exigé par la loi pour la désaffection des deux anciens cimetières expire le 4 décembre 1890. A cette date il y avait donc lieu de faire transférer les ossements dans les nouveaux cimetières. Le conseil municipal décide qu’il sera établi deux places publiques sur les anciens cimetières. Le Conseil de Fabrique de Saint-Bonnet demande l’autorisation d’élever une croix sur l’ancien cimetière aux frais de la Fabrique.
Le conseil municipal donne son accord.
Le déblaiement des anciens cimetières est effectué en 1894-1895 par l’entreprise Jean Surie d’Estivals. Quelques pierres tombales et stèles sont transportées dans le nouveau cimetière, d’autres restent sur place. Et la fête foraine de la Saint-Jean s’installe ensuite sur cet ancien cimetière.
1948 : agrandissement du cimetière de Gignac et création d’allées dans l’ancien cimetière avec déplacement de tombes dans le nouveau cimetière.