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Une colonne de 32 camions allemands précédée et suivie de blindés remonte vers le Nord. Elle quitte Souillac vers 18 h 30 et tombe sur une première embuscade à La Chapelle-Auzac, puis sur une seconde à Teyssilhac. Environ 250 fantassins allemands composaient le convoi.
Témoignage de Georges Fougerouse, "sous-lieutenant Georges" (recueilli en 2007)
J’étais sous les ordres du commandant Ajax (QG au château des Meynades, près de Baladou). C’est moi qui ai relevé les corps le soir. Si j’avais été leur chef, je les aurais pas placés là. Noël Marceau a été enterré aux Quatre-Routes, son frère avait été tué 15 jours plus tôt.
Témoignage de René (ou Louis) Parazines, chef de groupe FFI
A un croisement situé non loin de Cressensac, le maquis Roméo, d’une douzaine d’hommes, se posta assez imprudemment dans un maigre bosquet qui dominait quelque peu la route et engagea le combat : il ne s’était aucunement soucié des conditions dans lesquelles pourrait s’effectuer le repli. Les Allemands, exaspérés, mirent pied à terre et foncèrent sur les maquisards qui s’enfuirent à travers friches et vignes, tout en continuant à tirer. L’engagement dura quelque vingt minutes, puis les maquisards rompirent le combat, laissant sur le terrain quatre des leurs.
Témoignages recueillis auprès des voisins
Les maquisards avaient été placés dans une petite carrière à gauche de la route qui conduit à Gignac. Il y avait alors quelques arbres maigrichons. Ils devaient tirer quand les camions sortiraient du virage au niveau des Fraux. Ils s'attendaient à deux ou trois camions, mais c'est la colonne blindée qui apparaît. Ils n'ont eu aucune possibilité de repli, la zone derrière eux était à découvert. Cette erreur de stratégie a été fatale à Dufour Armand, Fiacre Eugène, Gauffre Lucien et Marceau Noël.
Pierre Laval des Genestes chargeait le blé sur un terrain appartenant à la famille Gauchet. Il était à la fourche avec Albert Gauchet. Dans un premier temps il a refusé de se cacher : "J'ai fait la guerre de 14 et j'ai pas peur des bosches !" Quand les échanges sont devenus très nourris, il a bien dû se replier derrière un mur : une chenillette s'est détachée de la colonne et est venue le fusiller.
Ces quatre jeunes logeaient chez Paul Gauchet, aux Fraux. Ce jour-là ils étaient au café à Gignac. On leur demande de monter l'embuscade, passent chez Paul Brunerie à Montagnac où ils boivent un café, puis choisissent un poste près du croisement de Teyssilhac. D'où étaient-ils ?  L'un des quatre était de Cajarc, un autre, Noël Marceau, des Quatre-Routes, le troisième de Dordogne. Le quatrième, Armand Dufour, était originaire du Nord.

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Armand Dufour, dit Roméo
né le 21 juillet 1924
à Aubencheuf-au-Bac (Nord)
tué le 29 juillet 1944

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Section FTP de Roger Lefort basée à Leygonie, à la Combe del Roc et aux Fraux
et qui a eu 4 tués et un blessé le 29 juillet 1944.
De gauche à droite : Breloque (Roger Lefort), Stalingrad, Julot, Louis, Roméo et Dédé

Pour honorer le sacrifice de ces quatre jeunes résistants, une stèle a été érigée à proximité immédiate du lieu où ils ont été tués. Tous les ans, fin juillet, une cérémonie a lieu devant ce Monument : une gerbe de fleurs est déposée et une minute de silence observée.  Tel a été le cas ce jeudi 28 juillet 2022.

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