Abbé Delbos, curé de Saint-Bonnet et Gignac

ARMAND DELBOS, prêtre (1879-1955), curé de Saint-Bonnet de 1906 à 1946 et de Gignac de 1931 à 1946
Recherches et dossier réalisés par Robert Vayssié (novembre 2025)
baptisé le 30 août 1942 par l’abbé Delbos, curé de Gignac


Elisa Delbos née Faure Louise dite Elisa, en 1856 à Bio (veuve en 1899) – décédée le 29 novembre 1936 à Saint-Bonnet (elle avait donc 80 ans).  Elle est devenue veuve en 1899. Couturière. Son mari était domestique à Rueyre (décédé le 14 octobre 1899). Un enfant : Basile Armand Delbos. Elle s’est installée au presbytère de Saint-Bonnet auprès de son fils jusqu’à son décès en 1936. Elle a été inhumée au cimetière de Saint-Bonnet.

    
Basile Armand (prénom usuel) DELBOS né le 29 mai 1879 à Rueyres, décédé à Bretenoux le 4 novembre 1955.  En 1899 il était au Petit Séminaire de Montfaucon. Réformé en 1901 pour tuberculose pulmonaire, mais déclaré « Bon pour le service armé » en 1914, incorporé dans l’armée active : 7e de ligne comme infirmier militaire du 21 mars 1915 au 22 février 1919. Sur sa fiche militaire il est précisé : cheveux et sourcils blonds, yeux bleus, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1m67
Curé de Saint-Bonnet de 1908 à 1946. Curé de Gignac de 1931 à 1946. 
Jusqu'en 1931 il y avait un curé à Gignac, l'abbé Laffarguette, et un curé à Saint-Bonnet, l'abbé Delbos. L'abbé Laffarguette meurt le 27 juin 1931, il avait été le curé de Gignac pendant 36 ans. Il est remplacé par l’abbé Delbos qui conserve sa résidence au presbytère de Saint-Bonnet. C'est le curé de Saint-Bonnet qui devient donc curé de Gignac et Saint-Bonnet. En 1933 le nouveau curé Delbos organise un voyage à Lourdes dans le cadre du pèlerinage diocésain. L'abbé Delbos réside au presbytère de Saint-Bonnet jusqu'en 1946. En 1946 il rejoint Bretenoux où il meurt le 4 novembre 1955.

presbytere.jpg
Presbytère de Saint-Bonnet où résidaient l’abbé Delbos et sa mère


saint-bonnet carte postale vers 1900.JPG
Saint-Bonnet au début du XXe siècle


st bonnet eglise.jpg
L’église de Saint-Bonnet dans les années 1930


stb retable.JPG
 Le maître-autel aujourd’hui (après restauration)
  

couverture 2.jpg
Le graduel utilisé par le curé Delbos, aujourd’hui entreposé à la mairie de Gignac


Trois anecdotes concernant ce prêtre :
- Il portait toujours la barrette :

barette.jpg
- il avait un triporteur motorisé pour ses déplacements, un « cabri ». Ce véhicule faisait beaucoup de bruit et les paroissiens savaient, d'après le bruit (il pétaradait beaucoup…), qu'il s'agissait du curé Delbos qui descendait à Gignac... Il avait l’habitude de se rendre dans les familles de la commune et il visitait les malades. Les anciens disaient qu’il était un peu « pète-sec », mais juste.


cabri 2.jpg


- Il avait une vigne à côté du presbytère et il cultivait le Noha. Ce cépage donnait un vin blanc très fort qu'il appréciait !


Le 26 octobre 1917 : Lettre du curé Delbos de Saint-Bonnet (ambulance 16, secteur 8) 
Cette lettre du curé Delbos est adressée à Françoise Parjadis dont le mari Henri Parjadis venait de mourir sur le front (sacristain, sonneur de cloches). La famille Parjadis (sans enfant) habitait dans une maison située entre l’école de Saint-Bonnet et la maison Sol.


lettre 1.jpg
lettre 2.jpg

lettre 3.jpg

 

bague.jpg

Bague du curé Delbos portant la mention « Souvenir de l’Yser ». Il s’agit d’une pièce de monnaie en usage en 1914 représentant Marianne et portant la mention République Française. La bague elle-même est en maillechort

cantique.jpg

Chant manuscrit du curé Delbos qu’il faisait chanter dans l’église de Saint-Bonnet lors de ses permissions (entre 1914 et 1918)


Lettre_Chalvet 1.JPG
Lettre de condoléances du curé Delbos  adressée à la veuve de Jean Chalvet (extrait) :

sermon.jpg
Sermon prononcé par l’abbé Delbos lors d’un mariage à Saint-Bonnet
Non daté. One connaît seulement le prénom du marié : Hubert, cité nommément dans cette allocution



La photocopie de ce sermon manuscrit que j’ai faite en 2000 n’est pas de bonne qualité, le papier sur lequel le sermon a été écrit est en mauvais état. Voici, pour en faciliter la lecture, la retranscription de ce texte :
Avant l’arrivée de NSJC, qu’était la jeune fille, la femme ? Une esclave, un jouet, un caprice. De nos jours, dans les pays où la lumière de l’Evangile civilisateur n’a pas encore pénétré, on l’achète, on la vend, on se la renvoie, on l’échange comme une bête de somme. Que NSJC paraisse, et disparaît peu à peu l’état d’abjection, de captivité physique et morale où la femme se trouvait réduite.
Etienne Lamy (1), dans son livre « La femme de demain » présente à ce sujet une suite de tableaux saisissants qui mérite votre attention. Le Christianisme, dit-il, donne à l’homme au lieu d’une esclave, une compagne, et l’intensité de sa foi chrétienne a eu pour mérite la dignité reconnue de la femme à mesure que la religion chrétienne prend une possession plus pleine de la société. La société fait une place plus haut à la femme, et l’influence de la femme rend l’homme meilleur.
Saint Paul, au sujet de cette affaire capitale de la civilisation, a fait le point quand il a affirmé officiellement au nom du Christ : le mariage, c’est un grand sacrement. Après la très Sainte Eucharistie l’alliance légitime de l’homme et de la femme est un des plus saints, des plus sacrés, des plus mystérieux sacrements de l’Eglise Catholique. Le prêtre avec sa bénédiction y met le sceau, les anges en sont les témoins, le Père céleste le ratifie.
Aussi bien le chrétien prévenu traite-t-il ce sacrement en conséquence. Il cherche une jeune fille chrétienne bien élevée par ses parents, et ayant une vie réglée et honnête. Quand il l’a trouvée, le mariage est déjà conclu, il va au contrat de gaîté de cœur, d’une main sûre il signe les articles du code civil à la mairie. Pour lui la garantie c’est la religion, l’honnêteté de son épouse.
Il sait qu’il ne s’expose pas à devenir la victime de ce « Roman express » qu’on trouve dans certaines librairies malsaines et qui a pour en-tête des chapitres (1re partie : présentation, conversation, fascination, déclaration, jubilation, préparation, célébration, 2e partie : discussion, contestation, séparation, divorce ou abandon ».
Mademoiselle, vous êtes sincèrement chrétienne. Vous avez acquis auprès de vos parents des habitudes de travail, de respect et d’ordre. En grandissant vous avez été docile aux bons enseignements de la religion. Et maintenant après avoir bien réfléchi et prié, vous voilà au pied de l’autel de la Saint Vierge. Vous allez devenir une épouse, une mariée modèle, fidèle, auprès de laquelle votre cher Hubert ne pourra pas ne pas être heureux. Votre tâche d’époux et d’épouse, de père et de mère, sera parfois lourde, mais vous remplirez votre devoir réciproquement, tout votre devoir, j’en ai la ferme confiance.
Le général de Sonis (2), ce grand chrétien, au matin d’une grande bataille, disait bien haut à ses soldats : « Quand on porte Dieu dans son cœur, on ne capitule jamais. »
Chers amis : ne capitulez pas non plus par lâcheté, par faiblesse. N’abandonnez pas le poste, la situation que Dieu va confier dans quelques instants. Le mariage chrétien est devant vous, il frôle vos épaules, il fait battre votre cœur. Votre curé appelé comme témoin autorisé de Dieu va entendre votre courte et sincère déposition du contrat librement accepté. Et du coup ce « oui » sorti de votre bouche tuera votre liberté individuelle, votre vie de garçon et de fille. Transformation profonde et complète. Chers amis, vous serez un époux, vous serez une épouse modèles. Vos pensées seront communes, vos aspirations seront les mêmes et votre habitation sera une, inviolable. Vos peines, vos sollicitudes, vos joies, votre bonheur seront partagés. Vous allez vous trouver sur l’autre rive de la vie. Ces quelques réflexions je les soumets à votre attention. Allez, plantez un foyer ayant des racines vivaces, mais toujours sous le regard de Dieu et de la Ste Vierge.
Tous ici présents, votre curé, vos parents, vos amis, tous nous demandons à Dieu et à la Vierge qu’il en soit ainsi pendant la messe, aujourd’hui, demain, toujours.
Amen


(1) Etienne Lamy (1845-1919) : a été élève des dominicains, à la fois républicain et catholique. A publié en 1901 un essai intitulé « La femme de demain ». 
(2) Général de Sonis : Cet officier très pieux est connu pour avoir combattu en 1870 à la tête des Zouaves pontificaux et des Volontaires de l'Ouest sous l'étendard du Sacré-Cœur de Jésus et la devise Miles Christi (soldat du Christ), aux côtés du futur général de Charette. Grièvement blessé lors du combat, il passa la nuit, par -20°, sur le champ de bataille de Loigny à rassurer les soldats blessés eux aussi autour de lui. On lui amputa la jambe gauche le 4 décembre 1870. Il est anobli par le pape Léon XIII et titré « comte romain et de Sonis » en 1880.

En mai 1933 le curé Delbos a accompagné à Lourdes un groupe de paroissiens de Gignac et de Saint-Bonnet



9 Soldat du Christ.jpg
Chant : Le chrétien, soldat du Christ


8 Noël chant.jpg
Chant de Noêl


7 prière pour la France.jpg
Prière pour la France

 

3 enveloppe.jpg


Date de création : 06/03/2026 18:42
Catégorie : -

Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !