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Autres curiosités architecturales

Croix murales

Des représentations de la croix latine se retrouvent sur beaucoup de linteaux.
         

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Pierre monolithe en forme de tronc de pyramide 
servant de linteau à une ouverture et portant une croix en relief (1858).


Mais on retrouve aussi la croix en tau. C’est une croix qui prend la forme de la lettre majuscule grecque tau. Dans la religion chrétienne, la capitale majuscule Tau = T grec ou bien Taw (dernière lettre de l'alphabet hébreu) a d'abord été un signe des religieux et chevaliers Antonins. Cette lettre est ensuite devenue le symbole des franciscains.  Voici deux exemples de croix en Tau :
                 

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      Sur un linteau de grange daté 1772
(ancien porche réutilisé comme porte de grange)

  
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Linteau de porche (1827)

Plus étonnant : on trouve sur le territoire communal des croix latines insérées dans les murs des maisons. En voici deux exemples :
                 

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     Croix monolithe en pierre calcaire blanche de Carennac
insérée dans un mur de maison.
Les arêtes sont chanfreinées. Hauteur : 49 cm

  
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En réemploi : calvaire monolithe de carrefour
déplacé dans un mur de maison au début du XXe siècle (1844).
Croix en relief portant le titulus INRI.
Les initiales INRI correspondent à la formule de l'Évangile selon Jean écrite en latin :
Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm (Jésus de Nazareth, roi des juifs).
Sur le piédestal de la croix, un nom : SOURZAT (nom du commanditaire ?).
Deux niches sous les bras de la croix et une croix latine gravée au fond de chacune des niches.
A la base de la croix un petit bénitier.

               

Puits et margelles de citernes

Et d'abord cette margelle originale avec sa date (1897), ses deux étoiles à quatre branches superposées, ses larmes ou feuilles de gui dépouillées et son coeur renversé :
                     

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Un puits avec son toit de lauzes :

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Un puits biface inséré dans le mur d'une maison ancienne (17e s) . Au 17e siècle le puits n'était accessible que depuis l'intérieur, à une époque plus récente le mur a été entièrement percé : on pouvait puiser l'eau depuis l'extérieur ou depuis l'intérieur. Voici une photo prise en 1932, avec la "seille" posée devant le puits, à droite :
                   

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Etat récent de ce puits vu depuis la cour
                       

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Et le voici vu de l'intérieur

Ce puits biface n'est pas unique. Voici un deuxième exemple de puits (ou citerne ?) inséré dans le mur d'une ancienne bâtisse :

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Le voici vu de l'intérieur
             

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et vu depuis l'extérieur

                    

           

La cave du curé

Témoignage d'Huguette Delmas, de La Sotte, recueilli en 1984 par Robert Vayssié

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                   Photo Robert Vayssié (2003)

Huguette Delmas a découvert, lors de travaux de restauration, la cache de curés réfractaires :
                            
"J’ai une seconde cave qui  a été comblée.
Quand nous avons fait arranger une pièce à l’autre extrémité de la maison, la moitié de la pièce était pavée avec des pavés en pierre. Les maçons sont venus, ces pierres branlaient un petit peu, et ça s’est effondré. Il y avait un dicton dans la maison que connaissait très bien la belle-mère de Mme Goillon ; quand les enfants n’étaient pas très sages, mon père aussi, les parents leur disaient : « Si tu n’es pas sage, on te mettra dans la cave du curé ! »

Jusque-là, on n’avait pas eu d’explication sur ce qu’était cette cave du curé. C’est quand ces pierres se sont effondrées qu’on a compris. Ça existe toujours, j’ai laissé une trappe, on descend dans une espèce de caveau où il y a une grande pierre comme une table ronde avec de petites pierres autour. Après, on a trouvé de vieux papiers et dans notre famille il y avait des prêtres sous la Révolution qui avaient été cachés, des prêtres réfractaires qui n’avaient pas voulu s’expatrier, qui étaient restés, qui s’étaient cachés. Un de mes anciens disait à un grand-père de madame Labarade de Laspaux : « Piérou, si tu dis quelque chose, je te couperai la langue ! » (l’arrière-grand-père de Léonie, belle-mère de madame Goillon, était le domestique privé de mon arrière-grand-père).
Mes ancêtres étaient officiers de la Vicomté de Turenne. Ma grand-mère descendait des Vergne et j’ai un parchemin en vieux français qui nommait les Vergne « Patriciens pour bons et loyaux services rendus à leur Seigneur et à leur Eglise ».
                        

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          Photo Robert Vayssié (2003)

                       
Que s'est-il passé à Gignac et Saint-Bonnet pendant la Révolution ?
                     

Des calvaires étaient détruits. A La Sotte, le calvaire est démonté et caché par la famille Vergne. Il sera reconstitué après la Révolution et existe toujours.

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Calvaire de La Sotte reconstruit après la Révolution
                        

Le curé de Gignac, Pierre Blanchès, né à Montcabrier, refuse de prêter le serment à la République prescrit par les lois du 26 décembre 1790, 17 avril 1791 et 3 septembre 1792. Emprisonné d’abord à Cahors, il est ensuite transporté par bateau jusqu’à Bordeaux (en 1793 ou 1794), puis interné à la citadelle de Blaye réservée aux prêtres réfractaires.

En 1793 Pierre Lieurade, curé constitutionnel depuis 1791, prête serment ainsi que le curé de Saint-Bonnet, Jean Lafaurie.

Elie Barre, prêtre de Gignac, abdique en 1793 et se marie la même année.

                             
                                       

La cachette

Où cacher ses bijoux, ses Louis d'or  ou ses papiers précieux ? Dans une maison du bourg de Gignac la cachette était dans la cheminée. A gauche, à hauteur d'homme, un trou vertical d'environ 60 cm (la longueur du bras) devait être dissimulé par une pierre parfaitement ajustée. Au fond la pierre taillée en forme de coupelle sur laquelle était déposé le trésor.
                   

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Un deuxième exemple de cachette à Saint-Bonnet     

Dans la cave, une pierre parfaitement ajustée dissimule le trou de la cachette :
 

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Le trou de guet, ancêtre du judas optique
                 

Les travaux de restauration ont souvent fait disparaître des détails architecturaux originaux. Autrefois on n’ouvrait pas la porte à n’importe qui : on s’assurait d’abord de l’identité du visiteur. Deux techniques étaient utilisées par les bâtisseurs :
                   
-    Le judas : petit trou creusé dans l’épaisseur du mur et orienté vers le portail de la cour. Il en reste un exemple dans le bourg de Gignac. Depuis le premier étage les habitants pouvaient ainsi voir qui se présentait à la porte du porche. Le trou percé en oblique a un diamètre de quelques centimètres et il est parfaitement orienté en direction du porche.

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Le trou de guet vu de l'intérieur

         
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Le trou de guet vu de l'extérieur

- Le « fenestrou » : petite ouverture qui donnait sur l’espace qu’on voulait surveiller (la cour, l’entrée de la cour ou encore un champ).
Un exemple bien connu des Anciens Gignacois, celui de la Maison Delbos dans le bourg : Elie Delbos était mort en 1939. Son fils était mort pendant la guerre 1914-1918. Son épouse vivait seule dans cette maison. On l’appelait « la Delbose ».  Elle surveillait ses champs depuis sa cuisine par un trou de guet. Elle utilisait une longue-vue… Quand elle voyait quelqu’un entrer dans son champ ou son pré, elle sortait en criant, en hurlant. Et les jeunes s’amusaient à la provoquer.


Date de création : 27/05/2021 17:35
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