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La culture du tabac

La plantation du tabac à Gignac a souvent soulevé des problèmes au cours des trois derniers siècles. Cette culture était très réglementée, toutes les opérations, du semis à la livraison, étaient effectuées sous le contrôle de l'Etat. Le contrôleur supervisait la plantation, les différentes phases de la culture et même la façon de travailler du planteur.

XVIIIe siècle : Violentes altercations au cours de ce siècle avec interdiction de planter du tabac. Le cahier de doléances de Saint-Bonnet, rédigé le 8 mars 1789, après les Vêpres, sur la place publique, lors d’une assemblée réunissant tous les habitants assujettis aux impôts, met en avant ce souhait des habitants de pouvoir "faire du tabac" :
Extrait du cahier de doléances de Saint-Bonnet : "La presente assemblée a observé qu’il seroit très avantageux pour le paÿs de recouvrer le droit et la liberté de faire du tabac, a la charge de le fournir a l’etat aux mêemes prix et condition qu’ils le tirent de l’etranger, et, par ce moyen, l’etat ne seroit plus engagé aux frais dispendieux de l’entretien des employés dont les bras seroit plus utiles aux traveaux de l’agriculture /° la presente assemblée observée encore que le sol de la presente commtté, egalement ingrat dans ses production et sans aucun secours pour les engrais, se trouve on ne peut plus surcharger par la quantité etonante des rentes seigneurialle auxquels les fonds sont asujetis sans nulle proportion avec leur produit /°."

XIXe siècle
En 1849, le Conseil Municipal demande que le tabac puisse être à nouveau planté à Gignac (droit perdu précédemment parce que les plantations n’atteignaient pas le minimum requis par le préfet) :
"Depuis quelques années, les agriculteurs se plaignent de ce que le tabac ne leur est pas payé assez cher. Nous ne savons pas si les plaintes qu'ils font entendre sont fondées; il faut qu'il en soit ainsi cependant, puisque le conseil général dans sa session de 1855 a émis le vœu que les prix fussent augmentés. Des propriétaires, et le fait est certain, avaient abandonné cette culture, et au point de vue agricole, nous pensons que tout en tenant compte des intérêts du Trésor, il serait bon de l’encourager d'une manière spéciale.
En voici les motifs : les soins qu'exigent les plantations de tabac sont, comme on le sait, très grands. Outre la quantité considérable d'engrais nécessaire à cette production, il faut en outre s'en occuper continuellement. Il en résulte que les terrains qui sont plantés, parfaitement cultivés, donnent les années suivantes de très belles récoltes en céréales, et comme les propriétaires ne choisissent pas pour ces plantations leurs meilleurs fonds de terre, cette culture a pour résultat l'amélioration annuelle d'une grande quantité de pièces de terre, car on ne fait jamais deux récoltes de suite dans le même endroit. Or, ces améliorations n'auraient certainement pas lieu si les propriétaires ne pouvaient pas retirer un profit certain et assuré de leur récolte, et si au lieu de cultiver une plante spéciale, ils faisaient une semence ordinaire."

En 1850 le contrôleur des contributions directes écrit : "Il n’est pas rare de voir entre deux montagnes de rochers complètement nus, un beau champ cultivé en tabac".
Le 27 mai 1890, le Conseil Municipal demande de nouveau l'autorisation pour la commune de Gignac de planter du tabac afin de remédier aux pertes dues au phylloxera de la vigne.

XXe siècle
Dans les années 1950-1960, Gignac connaît une explosion au niveau de cette culture d’Etat. Au plus fort de ce boum agricole, 105 familles plantent du tabac. Chacune d’entre elles a le droit de planter un certain nombre de pieds comptés par des contrôleurs de l’administration. C’est une période faste pour les agriculteurs qui bénéficient ainsi d’une rentrée d’argent appréciable.

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Ramassage des pieds de tabac qui vont être suspendus pour séchage

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Quelques semaines plus tard les feuilles sont assemblées en manoques
avant d'être livrées au magasin des tabacs de Souillac
Chaque manoque était constituée de 24 feuilles de même qualité attachée par une 25e feuille.

En 2005 il ne restait que deux planteurs de tabac.

Quelques souvenirs :

- En mars, on semait, souvent sous châssis, les graines qui étaient remises avec signature d'un contrat de culture où étaient notés surfaces cultivées et nombre de pieds. Quand les plants étaient suffisamment vigoureux, on les repiquait dans un champ bien préparé et bien fumé (le contrôleur venait compter les pieds !).  Ensuite, il était nécessaire de rester vigilant : les courtilières sont friandes de tendres plants; on remplaçait les pieds qui manquaient.
- On enlevait les feuilles abîmées à la base, on coupait aussi les fleurs. Il poussait un rejet qu'il fallait également retirer ; c'est là que les enfants intervenaient : ils passaient facilement sans abîmer les grandes feuilles. Plus tard, on a employé une huile, qui coulait le long de la tige et tuait les rejets.
- On récoltait en septembre, on suspendait les pieds sur des fils de fer, dans les hangars ou les granges, quelquefois dans des hangars appelés "séchoirs à tabac".
- Vers Noël intervenait la mise en manoques.


Catégorie : L'agriculture d'hier à aujourd'hui -


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