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L'agriculture au XIXe siècle

Deux documents retrouvés dans les archives nous donnent un aperçu de la vie agricole dans les années 1830-1862 :
- Archives du département du Lot, Le Lot vers 1850, Recueil de monographies cantonales et communales établies par les contrôleurs des contributions directes, publiées par, Christiane Constant-Le-Stum, Conservateur en chef du Patrimoine, Directeur des Archives départementales, 2è Volume Contrôles de Figeac, Gourdon, Martel et Saint‑Céré, Cahors, 2002
- Comptes familiaux de la famille Vergnes des Maisons Rouges (1830 et période 1861-1862)

L’état de Gignac en 1850 établi par les contrôleurs des contributions directes

Les contrôleurs des contributions directes ont laissé quelques notes sur l’état de Gignac au milieu du XIXème siècle. Ils ont écrit :
"Quelques communes du canton produisent des truffes. En première ligne il faut citer Gignac et Lachapelle‑Auzac. Les petites vallées qui se trouvent entre les coteaux, et qui profitent de l'éboulement continuel de la terre végétale qui vient des montagnes, présentent des récoltes magnifiques, et il n’est pas rare de voir entre deux montagnes de rochers complètement nus, un beau champ cultivé en tabac.
Dans presque toutes les communes du canton de Souillac on se sert encore d'une petite charrue qui ne remue le sol que d'une manière imparfaite. Le labourage, les assolements, les engrais n'y sont pas, généralement, faits d'une manière très entendue. Les propriétaires qui ne cultivent pas eux-mêmes, ont presque tous des métayers, et ces agriculteurs, pauvres pour la plupart, ne peuvent pas entreprendre de défrichements considérables, il ne peuvent pas non plus se résoudre à faire de nombreuses prairies artificielles qui leur permettraient de nourrir un plus grand nombre de bestiaux, et de tirer de leurs écuries une plus grande quantité d'engrais. Presque tous les métayers ne veulent qu'une chose, récolter le plus possible de froment, et ils semblent ne pas vouloir comprendre que les récoltes en blé seraient bien plus belles, si continuellement, ils ne faisaient pas rapporter aux mêmes terrains les mêmes récoltes. Dans ce pays cependant, les capitaux ne manquent pas. Beaucoup de propriétaires seraient à même d'adopter les améliorations éprouvées, certaines, d'une agriculture qui leur donnerait des revenus bien plus considérables que ceux qu'ils obtiennent. On ne sait vraiment à quoi attribuer cet état de choses. Mais il y a chez eux apathie ; leurs pères leur ont laissé des domaines où il y avait des métayers, ils conservent ces métayers. Pour ne pas changer leurs habitudes, pour ne pas se déranger de leurs occupations habituelles, ils consentent à laisser rapporter à leurs propriétés ce qu'elles rapportaient, il y a nombre d'années, sans même songer qu'ils pourraient augmenter les revenus dont ils semblent satisfaits, et que cela leur serait facile.
On récolte dans le canton de Souillac du froment, du maïs, du seigle, du méteil ; il y a quelques prés naturels, des prairies artificielles. On y récolte des noix, des châtaignes. Presque toutes les communes du canton ont en outre l'autorisation de cultiver le tabac. La culture de cette plante est très étendue dans ce pays, et les propriétaires qui s'en occupent obtiennent de très beaux résultats. Prairies naturelles d'assez bonne qualité. Prairies artificielles en assez grand nombre. Peu d'arbres fruitiers
."

Registre des comptes de Guillaume Vergnes (1861-1862)

Guillaume Vergnes, de la Maison Rouge, a tenu un registre des comptes familiaux pendant plusieurs années. Il nous reste des extraits des comptes familiaux de 1830, tenus par le père, mais surtout des comptes tenus par le fils pendant les années 1861 et 1862.
Le père de Guillaume Vergnes écrivait phonétiquement : An mille uitsant trante jesdonnes la somme de 60 frant...
Le fils apprend les premiers rudiments du français auprès du curé de Gignac, puis passe quelque temps au séminaire. Revenu aux Maisons Rouges, il tient régulièrement les comptes familiaux. En voici quelques extraits qui nous plongent dans la vie d’une famille paysanne en 1861 et 1862 :

Ma maman a vendu deux douzaines d’œufs le 3 octobre le prix de 0,80 centimes
2 journées du gendre de Delpy étienne des sales le 3 et 4 octobre
Mes parents vendirent leurs cochons à Souillac le 7 octobre : la somme de 100 francs
0,35 c d’étrenne et 0,40 de dépense. Ils achetèrent une marmite 4,50 centimes
Nous avons conduit la chèvre au pech redond le 12 octobre prix 4,50 centimes
Nous avons conduit la truie à la cisque le 14 octobre prix 0,60 centimes
Nous avons acheté deux oies à L’hopital le 18 octobre prix 7 francs.
Nous avons tué un petit mouton noir le 19 octobre prix 7 ou 8 francs.
Aubert pierre nous a ferré les bœufs le 22 octobre il leur mit 6 fer
Nous avons pris pour 0,20 cts de chandelle de résine le 25 octobre
Mon papa a acheté un lièvre le 13 octobre il le prit à Gauchet Jean.
Pour 0,10 c de savon chez Aubert pierre.
Ma mère a acheté ¾ m à 0,25 de fil chez Aubert
Nous avons tué une paire de poulet le 25 dec elle valait 1,40 centimes
Aubert pierre fit un petit marteau et lima la scie, et Ma sœur suzette prit une paire de sabot chez charazac jacque le 26 décembre
1 journée de couturière 31 décembre
nous avons énoisillé 6 cartons ou 60 kilogs de cerno ou 150 litres pour avoir 28 kilo d’huile ou 28 litres à Souzec chez Vitrac le 11 décembre . Prix 2 F deux chaudes

comptesVergnes.jpg
Page extraite des relevés de Guillaume Vergnes

Mes parents ont dépensé 0,30 c  à Souillac le 13 décembre
ils lui conduit les cochons.
Pour 0,15 c de mèche pour la lampe chez trivier le 5 décembre
25 hectogrammes de truffe le 9 décembre nous les avons donné à Monsieur Barre de Gignac elle valait 25 francs.
Nous avons tué une paire de poulet le 16 décembre elle valait 1,50 c.
Ma mère a acheté un cachenet 0,75 c; un mouchoir et un peu de calicot 0,85 c chez Aubert pierre le 16.
6 journées ½ de couturière le 18,19,20 décembre.
Nous avons pris pour 1,20 c de viande de bœuf de Mr Espitalier notaire
Pour 0, 10 c de sucre d’orge chez Aubert
Ma mère a acheté 6 assiettes à 0, 60c chez Bouyssonie pour 0,80 c d’œufs de cane chez Veyssié.

Ces extraits permettent de suivre les activités familiales et agricoles. Chèvres, moutons, porcs, oies, poulets, truffes constituaient l’essentiel des revenus. A noter que le bouc était au Pech Redond (il n’y a aujourd’hui aucune maison), et le verrat à La Cisque (à 7 ou 8 km des Maisons Rouges).
Parmi les menus achats : mèches pour l’éclairage, tissus, un peu d’alimentation.
Dans cette vie, rude et rustique, il y a peu de place pour les extra : des étrennes (l’équivalent de 6 œufs) et un sucre d’orge.


Catégorie : L'agriculture d'hier à aujourd'hui -


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