En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.

Bienvenue sur le site de l'association Multi-Medi@ à Gignac Lot

 
 

Démographie

Le désenclavement de Gignac

Agenda

Agenda des événements CAUVALDOR

Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...

Recherche

Recherche

Emigration de Gignacois aux USA

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
https://www.gignac-en-quercy.fr/data/fr-articles.xml

L'émigration de Gignacois aux USA

Quelques indications extraites de la publication réalisée par Robert Vayssié :
Nos ancêtres les Gignacois Démographie Traditions Emigration aux USA (disponible à la Bibliothèque)
 En complément, l'histoire de ces américains de Gignac sous forme de romans (disponibles à la bibliothèque):
Danièle vayssié, La Porte d'Or, Ed. Les Monédières
Danièle Vayssié, La secousse infernale (la suite de La Porte d'Or)

De 1887 à 1912 :
* Antoine et Jean-Bazile Vayssié, du Chazal, sont les premiers des 25 Gignacois à avoir émigré aux USA. C'était en 1887. Trois ans plus tard, ils seront rejoints par leurs frères Julien et Alexandre. En 1920, lors d'un voyage au village natal, Julien décide de ne pas repartir : il fait construire la Villa San Francisco.

D'autres Gignacois ne vont pas tarder à les rejoindre :
    * Pierre Dalle (qui a épousé Léonie Pau, belle-soeur d'Antoine et Julien)
    * Mathilde Dalle qui a épousé Isidore Labarade (3 enfants, dont Fernande Doublen et Fernand Labarade ramenés à Gignac et élevés par les grands-parents Pierre et Maria Dalle)
    * Marthe Bouyssou partie en 1906 et Etienne Bouyssou parti en 1908 ou 1909)
    * Un fils Vergne du Masset (disparu lors du tremblement de terre de 1906)
    * Pierre et Julia Lamothe (partis en 1906 et revenus en France en 1909)
    * Louis et Rose Malard (sœur de Julia Lamothe) partis vers 1908 en laissant leurs deux filles à Gignac, Lucie et Louise. Ils reviendront chercher Lucie en 1912 (Louise restera définitivement à Gignac)
    * Le fils d’Isaac dit Jazil
    * Les Paillet (1913)
    * Louisa Sourzat (de la Daudinerie)
    * Eugène Labroue (revenu en 1914, blessé pendant la guerre) qui s'est marié aux USA avec Noémie Murat

De 1919 à 1930 :
    * Edouard Bouyssou, parti en 1919, qui rejoint sa soeur Marthe partie en 1906 et son frère Etienne parti en 1908 ou 1909
    * Léontine, Marguerite, François et Ernest Vayssié, (de Puy Lambert)

D'autres émigrés originaires des villages environnants sont partis vers les USA toujours sous l’impulsion d’Antoine Vayssié : la famille Pau de Cazillac (7 personnes), les familles Joffre et Champeval de Coly, les familles Roussel et Margerie des Salles (Nadaillac), des Malard de Nadaillac, la famille Levet-Grandou de Sarrazac, Cécile Giraud de Lacassagne, la famille Roche (Souillac-Brive), Antonia Tournier du Battut (Cressensac) et son mari Paul Vitrac (Brive).

usaentree.jpg

LES FRÈRES VAYSSIÉ
Les frères Vayssié travaillent d'abord dans des tanneries, comme bûcherons, vignerons, puis ils se sont lancés dans les hôtels. Propriétaires de plusieurs dizaines d’hôtels, ils faisaient venir à San Francisco des membres de leur famille et des voisins. Certains ont refusé de partir, d’autres n’ont pas quitté Gignac parce que leurs parents s’y sont opposés, telle la grand-mère de René Yronde qui disait en passant devant la maison des Américains: « Ton père voulait partir avec eux. C’est moi qui l’en ai empêché. S’il était parti, sans doute il ne serait pas mort. » Sa grand-mère exprimait ainsi des regrets, voire un sentiment de culpabilité. En effet, Clément, le père de René Yronde, fut tué pendant la guerre 14-18.

hotelarlington.jpg
L'hôtel Arlington, l'un des hôtels d'Antoine Vayssié
 

antoine.jpg alexandre.jpg
Antoine, né en 1868 (25 ans)                             Alexandre, né en 1874 (18 ans)

jean bazile.jpg julien.jpg
Jean-Bazile, né en 1870 (23 ans)                 Julien, né en 1872 (20 ans
)                     

Les noms et prénoms de ces quatre frères figurent sur le mémorial élevé à New York, auprès de la Statue de la Liberté.
 
Une histoire hors du commun, celle d’Isaac, dit Jazil
Au début du 20ème siècle, Isaac (moustaches à la gauloise), son épouse Cécile et les deux enfants (Maria et un garçon) se louaient à la journée dans les fermes de Gignac. Antoine Vayssié a fait venir le fils à San Francisco, l’a fait travailler dans son hôtel comme garçon de chambre. Comme il ne savait ni lire ni écrire, ce garçon n’a jamais donné de nouvelles à ses parents, il n’est jamais revenu à Gignac. Au début des années 1920, les parents reçoivent par la mairie un message des USA  leur annonçant la mort de leur fils et un chèque représentant une très grosse somme d’argent. Partagés entre le rire et les larmes, les parents ont acheté avec l’argent économisé par leur fils une ferme près de Vayrac. La fille a épousé un réfugié belge. Tous les 4 sont allés à Vayrac vers 1920-1925.

Antoine Vayssié, un personnage haut en couleurs
Il ne voulait épouser qu’une française. Revenu à Gignac en 1894, il épouse Julienne Pau à Cazillac. Revenu en 1920 pour trouver une seconde « épouse », il repart avec sa cousine Marie Levet née Grandou, de Sarrazac. Le mari et leur fille Denise font partie du voyage. Il installe le mari à Ookland, de l’autre côté de la baie. Sa première épouse vit mal la situation, quitte San Francisco, revient à Gignac, achète le château de Termes (Saint-Denis près Martel) où les Gignacois sont allés faire les vendanges, fait construire une belle demeure route de Bordeaux à Brive. A sa mort, Antoine épouse Marie. Ils ont une fille née en 1928 (Antoine avait 60 ans). Devenu veuf en 1937, Antoine Vayssié revient à Gignac, confie sa fille Yvette à son frère de la Villa San Francisco et repart. Il revient deux ans plus tard avec la ferme intention d’emmener une nouvelle compagne : il repart avec sa fille, Jean Roche et sa mère Léontine Roche qu’il va épouser. Il a 34 ans de plus qu’elle. Il était beaucoup plus âgé que son beau-père.

Pierre et Julia Lamothe
Pierre et Julia Lamothe (sœur de Rose Malard) ont émigré aux Etats Unis en 1906 . Partis du port du Havre, après 8 jours de traversée de l'Atlantique, ils se sont installés sur la côte Est des USA (dans le Connecticut).
Travaillant tous deux dans une usine de tissage de bretelles, ils gagnaient 15 sous par jour (contre 1 sou par jour en France). C'était en 1906.
Mais Pierre avait le « mal du pays et des douleurs à l'estomac ». La peur de mourir loin de sa terre le hantait. « Il avait même entendu dire que l'on jetait les corps des défunts à la mer ». Cette idée le terrorisait à tel point qu'il avait économisé le prix du rapatriement de son corps au cas où...
En 1909, Julia céda aux suppliques de Pierre et ils rentrèrent en France où naquirent leurs deux filles. Mais, en 1914, rattrapé par son destin, Pierre dut partir à la guerre pendant laquelle il contracta une pleurésie purulente dont il faillit ne pas réchapper, mais en garda des séquelles précipitant sa mort en 1937.
Quant à Julia, elle continua sa vie à GIGNAC, d'abord comme modiste, puis comme gérante de l'épicerie coopérative du village ... loin du rêve américain. (Propos recueillis auprès de Lucie CATUS (Mars 2003) demeurant à GIGNAC, fille de Pierre et Julia LAMOTHE)

Louis et Rose Malard
Louis et Rose Malard (sœur de Julia Lamothe) ont quitté leur terre natale en 1908, attirés par les mirages de la vie américaine décrite par leurs prédécesseurs Gignacois sur ce continent. Laissant en France leurs deux filles (Lucie et Louise) le temps de s'installer aux USA, il déposèrent leurs bagages sur la côte Est des USA (Connecticut). Mais la vie fut plus dure que prévue et Rose mit au monde cinq autres enfants (« nés aux Amériques») hypothéquant le rapatriement rapide de Lucie et Louise. Quelques années plus tard, Rose revint en France chercher ses filles, mais n'emmena que Lucie, car son père Alexandre Delvert, tailleur de costumes et coiffeur à Gignac, ne voulut pas se séparer de sa plus jeune petite¬fille Louise (qui épousa plus tard Elie Villepontoux).
Louise grandit donc en France loin de ses frères et sœurs qu'elle ne connaissait pas. Elle ne revit son père qu'à l'occasion de son seul retour en France (1927) alors que sa mère revint trois fois au Pays. (Propos recueillis auprès de Louise Villepontoux par sa petite fille)

Traduction du témoignage d’Edouard Malard
J’ai rencontré ma sœur et sa famille en France pour la première fois pendant l’été 1945.
Mes parents Louis et Rose Malard sont arrivés aux USA vers 1908. Pendant la deuxième guerre mondiale, j’étais enrôlé dans l’armée US et j’avais à peu près 21 ans. D’abord j’ai été envoyé au Havre en janvier 1945, ensuite j’ai été à Rouen, Trever et ensuite Strausberg en Allemagne. L’été 1946, j’ai eu la permission d’aller rendre visite à ma sœur Louise et à sa famille pour la première fois. Ils ne savaient pas que j’allais leur rendre visite. Mon oncle Henri m’avait écrit et m’avait donné les directions au cas où je pourrais leur rendre visite. J’ai pris le train à Strasbourg et je suis arrivé à Paris, puis à Brive. J’ai marché de la gare jusqu’au magasin de chapeaux de la nièce de ma mère (Lucie) et elle habitait au-dessus du magasin. Il était très tôt le matin quand j’ai frappé à la porte. Elle ne m’a pas répondu et j’ai lancé des cailloux à la fenêtre de l’étage. Elle est enfin descendue pour m’accueillir et m’offrir le café. Elle ne dit à personne que j’étais là parce que je voulais leur faire la surprise. Elle m’a mis dans un train pour la gare de Gignac-Cressensac où le reste de ma famille vivait, près de Gignac. J’ai marché de la gare jusqu’à une vieille église, j’ai vu une femme traverser la rue, je réalisai que c’était la sœur de ma mère Julia, elle ressemblait beaucoup à ma mère. Elle accourut vers moi quand elle réalisa qui j’étais. Ensuite mon neveu Louis, âgé alors d’à peu près 12 ans, descendit la rue, en courant à ma rencontre. Tante Julia l’envoya chercher ma sœur Louise dans le jardin. Louise sortit pour me rencontrer. J’ai ensuite rencontré le reste de la famille. Nous étions tous heureux de nous rencontrer enfin. Malheureusement je n’étais à Gignac que pour 2 jours avant de retourner en Allemagne. Quand je retournai en Allemagne, je racontai à mon capitaine ma courte visite dans ma famille et lui demandai si je pourrais demander une nouvelle permission. Je revins une 2ème fois 3 mois plus tard. Je suis resté alors 10 jours avec ma famille et je rencontrai encore plus de membres de ma famille (oncles, tantes, etc). C’était une grande expérience pour moi, et il a été très difficile de dire au revoir.

Edouard Malard, octobre 2002, né le 6 avril 1922

Retour au Pays
En 1931 les frères Vayssié reviennent en France pour quelques mois. A Gignac ils organisent une grande fête dans la cour de la villa San Francisco. Un menu exceptionnel attend les convives. Augustine Labroue était la cuisinière du jour. Dans ce menu plusieurs références à San Francisco et à la Californie : le Saint-Francis était un club privé renommé à San Francisco. Bel Air est le nom d'un domaine qu'Alexandre Vayssié avait acheté et où il se rendait en fin de semaine. Bel Air est resté dans les mémoires à cause des fêtes qui y étaient données. Antoine, Julien, Jean-Bazile et Alexandre ramenaient en Californie, lors de chaque voyage en France, des boutures et des greffons pour retrouver là-bas les fruits et les noix du Chazal.

menu1931.jpg
Menu des repas de famille du 28 juin 1931
De très nombreux convives installés sous des chapiteaux dans la cour de la Villa San Francisco

enfantsvilla.jpg
1931, Villa San Francisco
Anniversaire de deux petits américains (au centre de la photo)
entourés par tous les enfants du bourg invités à la fête

Des traces concrètes à Gignac de cette émigration

La Villa San Francisco
En 1920, Julien Vayssié revient à Gignac après dix ans d’absence. Il voyage beaucoup : l’Egypte, la Palestine, et surtout il séjourne longuement à Nice où il joue dans les casinos, fréquente les champs de course parisiens. Mais c’est à Gignac seulement qu’il a l’impression de se ressourcer, aussi décide-t-il de ne pas revenir à San Francisco et de faire construire une maison dans son village natal, en remplacement de celle de ses parents. Ce sera la Villa San Francisco, clinquante, dans le style des années 20, la première maison de Gignac à avoir  l'eau courante dès 1921, l'électricité et le chauffage central par radiateurs à eau. De grandes cuves étaient installées dans le grenier et l’eau était montée par motopompe : l’eau était captée dans un puits situé dans les dépendances. L’électricité était fournie par des  batteries 110 volts. La chaudière du chauffage central était alimentée au charbon.
 
Dans les Archives municipales
On trouve également des traces de cette émigration dans les archives municipales et familiales.
Par exemple, dans le registre des délibérations du Conseil Municipal, on relève, à la date du 29 décembre 1918, ce texte :
Objet : don de 1500 francs des frères Vayssié
Le président de séance communique une lettre de Mrs Antoine, Julien et Alexandre Vayssié de San Francisco  à laquelle se trouve joint un chèque de 1500 francs destinés au Bureau de Bienfaisance et devant être affectés à soulager les familles de mobilisés les plus nécessiteuses de la commune. L’Assemblée déclare à l’unanimité des membres présents accepter avec reconnaissance le don des généreux compatriotes d’Amérique et elle charge le Président de l’Association de bien vouloir adresser à Messieurs Antoine, Julien et Alexandre Vayssié un extrait de la présente délibération en leur donnant l’assurance que la Commune de Gignac est très sensible à leurs marques de sollicitude pour les malheureux de la petite Patrie.

Au cimetière
Ainsi s’explique la présence, au cimetière de Gignac, d’une plaque portant l’inscription De la part des frères de San Francisco.

Dans l'église de Gignac
Enfin, dernière trace de cette émigration, à l’église de Gignac.
En 1984, lors de travaux importants dans l’église, on découvre que des ouvertures romanes avaient été murées. Elles sont rouvertes et dotées de vitraux offerts par deux familles de San Francisco. Sur l’un des vitraux on peut lire : don de François Vayssié de San Francisco né à Pech Lambert Gignac, et sur un autre : don de la famille d’Antoine Vayssié né à Gignac en 1868 décédé à San Francisco en 1970.
 
 
Date de création : 02/12/2006 @ 23:20
Catégorie : - Pages d'histoire
 
Réactions à cet article
Réaction n°2     par monnier le 22/12/2008 @ 16:26

Lors de mes premières années de classe,
VILLA SAN FRANSISCO
écrit sur la façade de la maison sise à GIGNAC m'a fait rêver, moi fille de paysans peu fortunés.
J'ai lu LA PORTE D'OR de Danièle DUTOIT-VAYSSIE


Réaction n°1     par beajvom le 01/07/2007 @ 14:32

Bonjour
Etant petit fils d'Etienne BOUYSSOU émigré aux USA vers 1908/1909 je me suis intéréssé à ce chapitre ou sont cités des gens de ma connaissance(Champeval,Joffre, Vitrac, Tournier, et Eugène LABROUE qui devint aux USA le second mari de mon AGM.
Merci à Mr VAYSSIE   de m'avoir rappelé tous ces souvenirs. Je connais Gignac et je m'y suis toujours plu, j'aimais bien venir y faire un tour. Simon Bouyssou(Edouard) et Marie(Marthe) sa soeur nous réservaient toujours un accueil chaleureux. Simon m'emmenait pêcher dans un petit lac vers la villa San Francisco( Je crois que ce lac a été comblé aujourd'hui.
Est ce que quelqu'un qui connait la maison ou habitait Simon et Marie Bouyssou pourrait me faire une photo et me la transmettre.
Merci d'avance et encore un grand merci à Mr Robert Vaissié pour cet Historique
Bernard JOFFRE


Date de création : 23/07/2020 14:55
Catégorie : Démographie -

Réactions à cet article


Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

  

Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut.   Marcus Tullius Cicero dit "Cicéron" (106-43 avant J-C.)