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Vicomté de Turenne


Une aventure qui va durer 900 ans
Dès la fin de l’Empire carolingien, et autour de l’an mil, l’espace occitan se couvre de fortifications et de sanctuaires préromans, puis romans. Gignac dépend de Turenne. C’est le début d’une longue aventure qui se terminera en 1738 avec la vente de la Vicomté au Roi de France, puis avec la vente de Gignac à la famille du duc de Noailles en 1748.

Donation de Rodulfe, seigneur de Turenne
En novembre 823, le comte Rodulfe, seigneur de Turenne, donne à son fils Rodulfe et à sa fille Emmena qui entrent au monastère Estivals, Sarrazac, Blagour, Orlhac et les Fourneaux (devenu par la suite Vieil Four). Par cette donation nous apprenons qu’aux Fourneaux il n’y a que de très petits manses. Les serfs et les serves sont donnés avec la terre. La charte parle de terres cultivées et de terres incultes, de vignes, de prés, pacages, forêts.

Gignac, capitale religieuse de la Vicomté
Les indications les plus précises et les plus nombreuses sont d’ordre religieux.
La paroisse de Gignac est l'une des plus anciennes de la région (VIIème siècle) avec Turenne et Cazillac, ce qui explique que Gignac fut un très important archiprêtré  à la tête de très nombreuses paroisses du Nord du département et de l'Est de la Dordogne, du XIIe siècle à 1784. C'était une subdivision ecclésiastique équivalant à celle d'une sous-préfecture. Cinquante cinq curés dépendaient de Gignac : Salignac , Bétaille, Borrèze, par exemple, faisaient partie de l'archiprêtré de Gignac,  poste de surveillance pour les églises du nord de la rivière Dordogne à cause du culte druidique qui s'était maintenu vers Nadaillac .
La grande paroisse originelle de Gignac sera partagée en plusieurs paroisses : Saint-Bonnet (prieuré-cure de l'abbaye d'Uzerche), Reyrevignes (prieuré-cure de Sainte-Madeleine), Rignac (prieuré-cure du titre de Saint-Victor) et Gignac. Au XIème siècle, une autre partie de la paroisse sera détachée de Gignac pour former une autre paroisse, celle de Cressensac

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La fin de la Vicomté
En 1737, le syndicat intercommunautaire des paroisses de Sarrazac, Cressensac, Gignac, Saint-Bonnet et Cuzance essaie de faire diminuer le montant de la taille que les habitants estiment trop élevé et injuste.
Dans un rapport confidentiel rédigé pour le Roi de France qui envisageait d'acheter la Vicomté, il est écrit : "Les habitants ne sont naturellement ni laborieux ni industrieux, on doit en attribuer la cause aux exemptions dont ils jouissent". Plus loin, dans ce même Mémoire sur la Vicomté de Turenne, on peut lire : "Les habitants de la partie Quercinoise ont toujours été plus difficiles à réduire que ceux de la Limousine". 
Depuis neuf siècles, la paroisse de Gignac dépend de la Vicomté de Turenne, plus précisément depuis Rodulfe, comte de Turenne, décédé en 843, jusqu’à Charles-Godefroy, vicomte de Turenne, duc de Bouillon.

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Première page du rapport confidentiel  rédigé pour le Roi de France
qui envisageait d'acheter la Vicomté (1737), Archives Départementales

Le duc de Bouillon, vicomte de Turenne, mène une vie fastueuse. Il s'endette et finit par vendre au roi Louis XV la Vicomté le 8 mai 1738 au prix de 4 200 000 livres. 
Les deux paroisses de Gignac et Saint-Bonnet dépendaient de la vicomté de Turenne, elles ont donc été vendues au roi de France Louis XV le 8 mai 1738.

Dans l’état de la répartition des impositions sur les paroisses de la Vicomté de Turenne en 1738, on relève dans la paroisse de Gignac (y compris deux villages de la paroisse de Nadaillac) 277 feux, et 166 feux dans la paroisse de Saint-Bonnet (y compris deux villages de la paroisse de Borrèze).
Les ancêtres d’Huguette Delmas, de la Sotte, les Vergne, étaient officiers de dîme de la Vicomté.
Quelques noms de grandes familles : les Delpy et les Diare qui étaient collecteurs des impôts, les Cérou, Sireyjols, Nouaillac, …Au XVIIIème siècle, le roi aurait fait construire deux maisons destinées à la surveillance de la bouillante Vicomté : l’une à la Valette et l’autre à Malastrèges. En 1741, la famille Sourzac, notaire à Saint-Bonnet, se rebelle contre l’huissier Pages venu pour saisie faute de payements de tailles, et contre les cavaliers de la maréchaussée qui assistaient l’huissier. On arrête François Sourzac et son frère qui sont conduits en prison à Martel.

En 1748 le roi revend les terres de l’ancienne Vicomté aux enchères, paroisse par paroisse.
Le 29 février 1748, le Duc de Noailles achète  la seigneurie des paroisses de Gignac et Saint-Bonnet moyennant 45 000 livres.
Aussitôt, inféodation
- à Jean Joseph Cerou de cens et rentes sur les villages et tènements de Geneste, Sireyjol et Chanabouze situés dans la paroisse de Gignac en Quercy, moyennant 6300 livres,
- à Libéral François Salviat de cens et rentes sur les villages et tènements de Tessillac, Vielfour, de la Roussie ou des Combes, de Jouannes et la Renaudie situé dans ladite paroisse de Gignac moiennant 8000 livres,
- au Sieur François de Castre de Tersac de Gignière dans la paroisse de Gignac moyennant 3500 livres.

Dans une note envoyée par l'homme d'affaires des Noailles, quand le duc de Noailles eut acheté les seigneuries de Saint-Bonnet et Gignac (1748), on peut lire : "Le bourg de Gignac est considérable : il a au moins 100 feus. C'est une châtellenie composée des paroisses de Saint-Bonnet, Estivals, Chartrier et Gignac.  M. Cérou en est le juge, il est plus craint qu'aimé.
Il y a à Gignac des foires qui se tiennent fort éloignées du bourg sur le sommet d'une montagne.  Il y a aussi une halle assez grande et deux places, l'une devant l'église, l'autre devant la halle.
L’église est un gros vaisseau assez bien orné, la litre de la maison de Bouillon est tout autour.
Comme il y a dans cette paroisse et celle de Saint-Bonnet beaucoup de bois que les particuliers vont vendre à la Forge de Bourzolles, il serait bon d'établir un garde à qui on donnerait quelque chose pour faire la recherche de ceux qui vendent le bois. Il est sûr que les fermiers de cette forge ne communiqueront  jamais leur registre."  

Le 3 mars 1750, arrêt du Conseil d’Etat  du Roy qui ordonne que Mre Adrien Maurice, duc de Noailles pair et Maréchal de France jouira à compter du 1er janvier 1748 des terres de Gignac et Saint-Bonnet à lui vendues par les Commissaires du Conseil par contrat des 29 février et 4 avril 1748 et que les fermiers (…) seront tenus de lui en faire le paiement.
La châtellenie de Gignac, créée par le duc de Noailles, est du ressort du sénéchal de Saint-Robert, du duché d'Ayen. Cressensac dépend de la châtellenie de Gignac. Dans les années qui suivent la vente au roi de France il est construit une grande route entre Brive et Souillac (future RN 20).
La grande majorité des habitants refuse de payer les nouveaux impôts. Les agents du duc de Noailles craignent pour leur vie. La misère est très grande. La famille Sourzac  de Saint-Bonnet passe dans la clandestinité.

Juridiction de Gignac (justice seigneuriale)
De 1748 à 1790 siège à Gignac un juge-châtelain pour la justice civile et criminelle. Ce juge est également juge d'Obazine pour Neyragues et Baudran. Dans les archives on retrouve un certain nombre de jugements prononcés dans l’auditoire de justice de Gignac, un bâtiment qui a été conservé, place de l’église.

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Cheminée de l'auditoire de justice
Linteau recouvert de fresques avec blason et arbres

Sur le manteau de la cheminée de l’auditoire de justice de Gignac, un blason peint, avec un arbre et trois étoiles (1699). Supports : deux lions.
Sous ces armes peintes figurent des armes sculptées (1634), elles sont à un arbre et un chef chargé de trois étoiles. Cette cheminée a été vendue et elle a été installée à Nadaillac.


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Blason sculpté en relief (après sablage)
sur le linteau de cheminée de l'auditoire de justice

Ces armes sont à un arbre et un chef chargé de trois étoiles (1634).  

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Ouverture de l'auditoire de justice

Pour en savoir plus, voir les documents publiés par l'Association Multi-Médi@

"Histoire et patrimoine de Gignac-en-Quercy"


Catégorie : Au fil des siècles -


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